Archives départementales de la Martinique et la Banque numérique des patrimoines martiniquais (BNPM) 2


1. Présentation de la BNPM

Le lancement du projet débute en 2009 sous la direction du Conseil général (CG), représenté par les Archives départementales de la Martinique (ADM), maître d’œuvre. La création du site a été motivée par l’utilisation de la technologie : système d’information géographique de la Martinique (SIGMA). Un concept original, car l’utilisation de SIGMA est vouée à la prévention des risques naturels que le CG a voulu mettre à profit à la Culture.

Par le biais de cette technologie, les ressources documentaires sont géolocalisées selon leur lieu de production réparti sur les trente-quatre communes dénombrées en Martinique. Le projet a fait appel à un marché pour la réalisation du site et l’intégration de contenus culturels selon les normes archivistiques en usage.

Carte de la Martinique et représentations statistiques des ressources documentaires par catégorie documentaire et par commune

Carte de la Martinique et représentations statistiques des ressources documentaires par catégorie documentaire et par commune

2. BNPM, portail patrimonial : fédérateur des ressources culturelles de la Martinique

La BNPM a la volonté de fédérer et valoriser les collections des partenaires culturels publics du département, de la région et national : la Bibliothèque Schœlcher (BS), le Musée départemental d’Archéologie précolombienne et de la Préhistoire de la Martinique (MDAP), la Direction régionale des Affaires culturelles (DRAC) et les Archives nationales de l’Outre-mer (ANOM). Ce partenariat ne s’arrête pas à des partenaires publics, il tend à s’élargir avec de nouvelles collaborations avec des contributeurs privés et/ou semi-privé détenant dans leurs collections des ressources patrimoniales sur le territoire martiniquais (Université des Antilles et de Guyane – Bibliothèque universitaire)

Ces partenariats se concrétisent par des conventions sans vocation lucrative mais simplement d’échange culturel et de données via des protocoles d’échanges[1]. Elles permettent d’étendre le champ d’action à d’autres sources documentaires non existante dans les collections sans l’action d’une acquisition onéreuse de la ressource et d’autre part accroître la visibilité de la BNPM à travers les sites partenaires. Le procédé s’exerce dans les deux sens. Les coûts de cette opération ne se chiffrent pas de manière monétaire mais en temps et en mobilisation de la ressource humaine. Ces conventions ne présentent pas d’inconvénients majeurs. Chaque partenaire offre son accès à la source documentaire via la banque numérique et demeure responsable de sa diffusion. De ce fait, il n’engage aucunement le site-diffuseur des données. L’intérêt de cet outil est de faire (re)découvrir la richesse du patrimoine culturel aux Martiniquais et à un public élargi.

Le grand public représente la principale cible en essayant d’offrir une attractivité touristique à la Martinique. La BNPM s’adresse également à un plus spécialisé : étudiants, chercheurs, gestionnaires du patrimoine. La volonté du Conseil général partagée par les ADM est d’utiliser la BNPM à des fins pédagogiques auprès des publics enseignant et scolaire. En somme, la BNPM détient une politique très large afin d’être un outil support pour tous ces publics.

3. Mise en ligne d’un panel documentaire varié et outil communautaire

Page d'accueil -  présentation des catégories documentaires

Page d’accueil – présentation des catégories documentaires

 

La BNPM met en ligne tous types et supports de ressources documentaires : imprimés (manuscrits, tapuscrits monographies, presse), documents figurés et graphiques (photographie, estampe, carte et plan, dessin), inventaire du patrimoine bâti et des objets mobiliers (dont la plupart sont inscrits et/ou classés dans les bases nationales Mérimée ou Palissy), patrimoine archéologique (objets issus de fouilles des collections du MDAP, les sites archéologiques) et documents d’archives (archives diocésaines, archives communales, archives privées, état-civil, registre d’individualité, correspondances…).

Les documents d’archives sont ouverts à l’indexation collaborative. Les registres d’état-civil et d’individualité datant de 1848-1852 sont en écriture manuscrite. Par conséquent, la lecture de quelques patronymes peut être jugés ambiguë. Le public, à l’œil exercé notamment les généalogistes, est invité à donner leur transcription par leur compte lecteur après passage d’un examen de reconnaissance sur un feuillet d’un registre. Dans les mois à venir, les registres d’esclaves pourront être consultés. Les ADM ont le souci de valoriser ce patrimoine qui est l’histoire de la Martinique, des Antilles et l’histoire de la France.

Le volet documentaire est complété par des dossiers thématiques, des expositions virtuelles, la réalisation de parcours virtuels sur des quartiers historiques et populaires retraçant la mémoire de commune, de quartier, et une rubrique focus (« A la Une ») sur un document en adéquation à l’actualité culturelle de l’île.

Pareil projet existe en France hexagonale ayant pour thème le patrimoine aquitain. Il est valorisé par le portail numérique de la Banque numérique du savoir d’Aquitaine (BnSA)[2]. La BnSA obtient de ces collaborateurs culturels principalement publics à fédérer les ressources patrimoniales de la région afin d’en découvrir de manière exhaustive la richesse. L’action est soutenue par la DRAC au même titre que la BNPM.

Les objectifs de la BNPM sont clairement exposés : « rendre accessible, à tous, le patrimoine historique et culturel, satisfaire la demande de connaissance du passé, […], doter le Conseil général et ses partenaires s’un outil partagé de connaissance pour mettre en œuvre des politiques de protection et de valorisation du patrimoine. »[3]. Ainsi via le portail, il s’agit de démocratiser et de rendre accessible les ressources documentaires écrites et figurés à un public élargi au-delà des limites géographiques du territoire.

Virginie Michel 


[1] Protocole OAI-PMH (Open archives initiative – protocol for metadata harvesting) et les formats d’échange de données entre portail numérique (dublin core, eac/xml, ead/xml…)

[2] Banque numérique du savoir d’Aquitaine (BnsA) : http://bnsa.patrimoines.aquitaine.fr/ [consulté le 15/06/2013]

[3] Conseil général, les Archives départementales de la Martinique, La banque numérique des patrimoines martiniquais. L’histoire & patrimoine de la Martinique en un clic, 2010

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