Services d’archives et médias sociaux

Chers lecteurs, je m’ennuyais à mourir lorsque l’on m’a confié une mission : découvrir ce que les services d’archives et les médias sociaux fabriquent ensemble. J’ai donc enquêté pendant des mois et je vais aujourd’hui vous révéler LA vérité.

D’abord, les noms…

Les voici ces services d’archives présents sur les médias sociaux : carte

Ensuite, qui fait quoi ? Sur quels médias sociaux ? Sur combien de médias sociaux ?

Cette infographie, réalisée à partir des données recueillies par le Service interministériel des Archives de France, éclairera rapidement votre lanterne.

Mais je suis sûre que, comme moi à un certain stade de mon enquête, une question vous brûle les lèvres : POURQUOI ?

Pour répondre à cette question, j’ai pris quelques témoins et j’ai étudié à la loupe les contenus de leur site web et les contenus des médias sociaux sur lesquels ils sont présents. Et voici ce que j’ai découvert…

Le logo reste identique. Nous sommes dans le cas typique d’une présence institutionnelle ; pas d’individus, incarnés par des avatars ou non, c’est bien l’institution qui parle sur les médias sociaux.

Sur le site web, on trouve généralement des informations pratiques, des documents d’archives numérisés et accessibles en ligne, des annonces d’animations culturelles (expositions, colloques, conférences, ateliers), des tutoriels, des services en ligne (pré-inscription, réservation) et des anecdotes sur ce qui s’est passé dans le lieu où se trouve le service d’archives.

Sur les médias sociaux, les services d’archives informent sur les événements à venir (expositions, etc.) et mettent des documents d’archives numérisés, les mêmes qui sont accessibles depuis leur site web. On trouve aussi des jeux et des « C’est arrivé à nom de la ville » ou « Ça s’est passé le date », en bref des anecdotes sur ce qui s’est passé dans le lieu où se trouve le service d’archives.

Voyez-vous une réelle différence ? Si les contenus sont quasiment identiques, que font les services sociaux sur les médias d’archives ? Pardon, je voulais dire… les services d’archives sur les médias sociaux !?

Les services d’archives sont, en plus d’être des services administratifs, des services patrimoniaux : l’une de leurs missions est donc la valorisation des documents qu’elles conservent. Pour les valoriser sur le web, il faut être là où est le public : les médias sociaux. Pour rappel, selon une étude appelée Observatoire des réseaux sociaux et réalisée par l’Ifop, en novembre 2012, 82 % des Français étaient présents sur les réseaux sociaux et ils étaient en moyenne présents sur 3,5 réseaux sociaux.

Vous l’avez compris : la différence entre le site web et les comptes de médias sociaux d’un même service d’archives ne porte pas sur les contenus. Elle est davantage dans la forme et dans le ton ; le message doit être court, même sur Facebook, bien qu’il n’ait pas la même contrainte des 140 caractères que sur Twitter. Le ton est donc souvent humoristique, décalé voire carrément provocateur. Les internautes découvrent donc que l’Institution Archives parle comme eux.

Ce ton décalé favorise le jeu. D’ailleurs on aime jouer sur les médias sociaux quand on est un service d’archives :

  • Légender des images

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  • Reconnaître un lieu ou un personnage

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Autre caractéristique : la mise en valeur de documents. Sur les médias sociaux, le document est, en effet, mis en avant, parce qu’extrait d’une base en contenant des milliers, contextualisé, expliqué :

Valorisation

Tout cela favorise l’échange entre l’internaute et l’institution. Certes le document est valorisé mais l’individu l’est aussi puisqu’une institution lui répond et parfois même le récompense pour ses trouvailles ou lui laisse le choix de la nouvelle couverture, par exemple.

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Les contenus du site web émanent de l’institution, les contenus des médias sociaux sont davantage une co-construction entre l’institution et le public, une rencontre.

En étant présents sur les médias sociaux, les services d’archives font ce que l’on nomme de la médiation numérique ou médiation tout court. Le but est de se servir d’outils disponibles sur le web pour que des contenus et des usagers se rencontrent.

Avec cette présence, c’est bien l’usager qui est au centre.

L’archiviste est un médiateur et les usagers doivent être au centre du projet d’établissement des services d’archives et donc des politiques : celle de l’animation culturelle, de la médiation, de la collecte des archives privées et de l’acquisition du fonds documentaire.

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Car à quoi cela sert-il de conserver des documents numériques par millions si l’on ne fait rien pour les rendre accessibles ?

Ma mission est terminée et j’espère vous avoir éclairés. À bientôt pour les conclusions d’une prochaine enquête…

Aurélia Houdayer

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